Encerclé par les 5e Armée blindée
et 21e Armée soviétiques au sud de Serafimovitch, cinq divisions
de la 3e Armée roumaine capitulent.
Les Germano-Roumains pris au piège dans Stalingrad sont maintenant
attaqués par-derrière par les 24e, 57e, 64e et 65e Armées
soviétiques.
Le commandant du
Heeresgruppe (Groupe d'armées) B, le maréchal
Maximilian von Weichs, pousse Friedrich
Paulus, le commandant
de la 6e Armée allemande isolée dans Stalingrad, à briser
l'encerclement avant que les Soviétiques ne puissent amasser
d'autres forces autour de la ville assiégée.
Mais
Hitler a pris maintenant le contrôle total de la
Wehrmacht,
et lorsque Goering lui assure que la
Luftwaffe sera en mesure
de ravitailler Stalingrad en vivres, munitions et en matériel avec
une moyenne de 700 tonnes par jour, il ordonne à
Paulus de résister
sans bouger, en attendant que le
Heeresgruppe B puisse reprendre
l'offensive pour le libérer. Il lui faut organiser la "résistance
à outrance de Stalingrad".
Cet ordre insensé va condamner à mort environ 300000 Allemands,
Roumains, Hongrois et Italiens.
Création du
Heeresgruppe (Groupe d'armées) du Don. Le maréchal
Erich von
Manstein, le commandant de la 11e Armée allemande,
est rapellé du
Heeresgruppe A, dans le Caucase, pour en prendre
le commandement.
Il vient s'intercaler entre les
Heeresgruppen A et B, sur un front
d'environ 200 kilomètres, et regroupe pour l'instant les unités de
la 4e Panzerarmee et les unités des 4e et 3e Armées roumaines
qui ont échappés à l'encerclement dans la poche de Stalingrad.
Sa mission est de libérer
Paulus et de rétablir le front d'origine.
Von
Manstein organise ses forces en deux groupes d'opération:
le groupe Hoth, posté au sud du Don, et le groupe Hollidt, au nord.
Le plan, en partie dicté par
Hitler, prévoit d'attaquer le Front de
Stalingrad (Eremenko), puis de se replier à l'improviste pour attaquer,
en accord avec la 6e Armée allemande de
Paulus qui aura entretemps
enfoncé et briser l'étau soviétique autour de Stalingrad,
le Front du Don (Rokossovski).
Les Soviétiques, quant à eux, se trouvent confrontés à un problème
d'une grande importance stratégique: ou bien concentrer les forces
de leurs fronts du sud pour écraser la poche de Stalingrad, ou bien
à utiliser toutes leurs forces pour couper la voie de la retraite
aux forces du
Heeresgruppe A du maréchal Wilhelm von
Kleist
dans le Caucase, plus au sud.
Incapables de mener les deux opérations simultanément, les Soviétiques
choisissent la première solution, à savoir la liquidation de la 6e
Armée allemande dans Stalingrad, convaincus à tort qu'il ne suffira
que de quelques jours pour l'anéantir.
L'étau soviétique est renforcé, et maintenant en grande partie doublé
d'un anneau extérieur, long de 450 km, qui a pour fonction d'empêcher
von
Manstein d'effectuer une tentative de libération des assiégés.
Ce choix stratégique, qui permettra finalement aux Allemands de retirer
leurs forces du Caucase, a pour origine une énorme erreur d'évaluation
des Russes sur l'effectifs des forces germano-roumaines encerclées.
Les Soviétiques engagent contre
Paulus quatre armées, avec au total
un effectif de 680 000 hommes.
Ils pensent que les Germano-Roumains ne sont que 90000.
Ils ne font donc entrer en jeu qu'une quantité limitée d'hommes
et de véhicules. D'après les mémoires de Rokossovski d'après guerre,
ce n'est que le 26 janvier 1943 qu'ils arriveront à établir
une estimation des forces ennemies: 330 000 hommes.
Comme le prouve aujourd'hui les archives militaires allemandes,
ils seront un peu surévalués. Ils sont en réalité 284000.