Amiral de la flotte
1883 — 1963
À retenir
Andrew Cunningham dirigea la flotte britannique de Méditerranée pendant les années décisives de 1939 à 1942. Il remporta notamment la victoire du cap Matapan et conduisit les opérations navales liées à l’Afrique du Nord, à la Crète et à Malte.
Jeunesse et formation
Entré très jeune dans la Royal Navy, Cunningham sert pendant la guerre des Boers puis commande un destroyer durant la Première Guerre mondiale, notamment dans les Dardanelles.
Débuts professionnels
Entre les deux guerres, il commande plusieurs flottilles et escadres. En 1939, il devient commandant en chef de la Mediterranean Fleet, théâtre où la marine doit protéger les communications britanniques face aux forces italiennes et allemandes.
Cunningham, souvent appelé « ABC » d’après ses initiales, se forma dans la guerre des destroyers. Son expérience des Dardanelles lui apprit à agir agressivement sans oublier la vulnérabilité d’une flotte opérant loin de ses bases. À la veille de la guerre, la Méditerranée imposait un problème complexe : protéger Suez, Malte et les convois tout en affrontant une marine italienne nombreuse et une aviation basée à terre.
Il entretint une relation étroite avec l’amiral français René-Émile Godfroy à Alexandrie. Après l’armistice français de 1940, il obtint par négociation la neutralisation pacifique de l’escadre française présente dans le port, évitant une répétition du drame de Mers el-Kébir.
Seconde Guerre mondiale
1940–1941
Il soutient l’attaque aéronavale de Tarente, qui endommage gravement la flotte italienne, puis remporte la bataille du cap Matapan en mars 1941. Il organise aussi les évacuations difficiles de Grèce et de Crète.
1941–1942
Ses forces escortent les convois de Malte et appuient les opérations en Afrique du Nord malgré de lourdes pertes.
1943–1945
Après avoir commandé la mission navale alliée à Washington, il retrouve la Méditerranée pour les débarquements en Afrique du Nord et en Italie. En octobre 1943, il devient First Sea Lord et dirige la Royal Navy jusqu’à la fin de la guerre.
Tarente et Matapan
L’attaque de Tarente, dans la nuit du 11 au 12 novembre 1940, démontra qu’un petit groupe d’avions torpilleurs pouvait frapper une flotte au mouillage. Trois cuirassés italiens furent endommagés. En mars 1941, le renseignement Ultra et la reconnaissance permirent à Cunningham d’intercepter une force italienne au cap Matapan. Les cuirassés britanniques détruisirent de nuit trois croiseurs lourds, imposant une prudence durable à la Regia Marina.
Grèce, Crète et Malte
Les évacuations de Grèce et de Crète coûtèrent plusieurs navires sous les attaques aériennes. Cunningham accepta ces risques pour sauver les troupes, estimant qu’une flotte se reconstruit plus vite qu’une tradition de confiance entre l’armée et la marine. Les convois de Malte furent tout aussi dangereux. Leur maintien empêcha l’Axe de disposer librement de la Méditerranée centrale et contribua à fragiliser le ravitaillement de l’Afrique du Nord.
First Sea Lord
À partir d’octobre 1943, Cunningham dirigea l’ensemble de la Royal Navy. Il participa à la préparation navale d’Overlord, à la lutte anti-sous-marine et au transfert progressif de moyens vers l’Asie. Il devait aussi préserver la coopération avec les États-Unis, dont la puissance navale devenait dominante.
Commandement et limites
Cunningham privilégiait l’initiative et la présence au combat, mais ses décisions s’appuyaient sur le renseignement, la logistique et la supériorité technique britannique dans certains domaines. La victoire méditerranéenne ne fut pas uniquement navale : elle dépendit aussi de l’aviation, des forces terrestres, de la résistance de Malte et des erreurs de coordination de l’Axe.
Fin de guerre et après-guerre
Il quitte ses fonctions en 1946 et reçoit le titre de vicomte Cunningham of Hyndhope. Il exerce ensuite plusieurs charges honorifiques.
Héritage et distinctions
Cunningham est considéré comme l’un des plus grands amiraux britanniques du XXe siècle. SA conduite agressive mais calculée maintint la présence navale alliée en Méditerranée.
Son prestige repose autant sur ses victoires que sur la confiance qu’il inspira aux équipages et aux autres armées. SA formule sur le temps nécessaire pour construire un navire et celui requis pour bâtir une tradition résume une conception du commandement où la réputation de l’institution compte autant que le matériel.