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Erwin Rommel

Biographie de Erwin Rommel, acteur de la Seconde Guerre mondiale.

Feld-maréchal

1891 — 1944

À retenir

Commandant de la 7e division blindée puis de l’Afrikakorps, Erwin Rommel devient l’un des chefs militaires allemands les plus célèbres. Approché par les opposants à Hitler, il est contraint au suicide après l’attentat du 20 juillet 1944.

Jeunesse et formation

Né à Heidenheim en 1891, Erwin Rommel entre dans l’armée wurtembergeoise en 1910. Pendant la Première Guerre mondiale, il combat en France, en Roumanie et en Italie. À Caporetto, son aptitude à l’infiltration et à la manœuvre lui vaut l’ordre Pour le Mérite. Il reste dans la Reichswehr après 1918 et se fait connaître comme instructeur.

Parcours avant-guerre

Rommel publie en 1937 Infanterie greift an, ouvrage tiré de son expérience du premier conflit mondial. Le livre attire l’attention de Hitler. Rommel commande ensuite l’école militaire de Wiener Neustadt, en Autriche, puis le bataillon chargé de la sécurité du quartier général du Führer pendant la campagne de Pologne. Sa proximité avec Hitler favorise une progression rapide, sans faire de lui un cadre du parti nazi.

Seconde Guerre mondiale

1940 : la campagne de France

À la tête de la 7e division blindée, Rommel participe à la percée de mai 1940. Son unité traverse la Meuse, avance à un rythme très rapide et atteint la Manche, au prix d’une coordination parfois difficile avec les échelons supérieurs. La propagande allemande exploite ses succès, qui renforcent sa réputation de chef énergique et présent au plus près des combats.

1941–1943 : l’Afrique du Nord

Envoyé en Libye en février 1941 pour soutenir l’armée italienne, Rommel reprend l’offensive et repousse les Britanniques jusqu’à la frontière égyptienne. La guerre du désert révèle autant ses qualités tactiques que les limites de sa conduite : les avancées rapides allongent des lignes de ravitaillement dépendantes des convois maritimes et des ports d’Afrique du Nord. Après la prise de Tobrouk en juin 1942, Hitler le promeut feld-maréchal.

Son offensive est arrêtée à El-Alamein. En octobre-novembre 1942, la 8e armée de Montgomery, supérieure en hommes et en matériel, contraint les forces de l’Axe à la retraite. Le débarquement allié au Maroc et en Algérie crée une seconde menace. Rommel réclame l’évacuation de l’Afrique, mais Hitler refuse longtemps. Rappelé en Europe en mars 1943, il n’assiste pas à la capitulation finale en Tunisie.

1943–1944 : le mur de l’Atlantique

Après une mission en Italie, Rommel inspecte les défenses de l’Ouest et commande le groupe d’armées B. Convaincu que la supériorité aérienne alliée empêchera les réserves allemandes de manœuvrer librement, il veut repousser le débarquement sur les plages. Le 6 juin 1944, il se trouve en Allemagne, mais regagne aussitôt son quartier général. La bataille de Normandie confirme la difficulté de déplacer les forces sous les attaques aériennes alliées.

Le 17 juillet, sa voiture est mitraillée et Rommel est grièvement blessé. Plusieurs officiers liés au complot du 20 juillet l’avaient approché. Les preuves sur son degré d’implication restent discutées : il souhaitait mettre fin à la guerre et acceptait l’idée d’écarter Hitler, mais rien n’établit qu’il ait approuvé l’attentat. Son nom apparaît néanmoins au cours des interrogatoires menés après l’échec du complot.

Mort et mémoire

Le 14 octobre 1944, deux généraux lui proposent un choix imposé par Hitler : se suicider et protéger sa famille, ou comparaître devant le Tribunal du peuple. Rommel absorbe du poison. Le régime annonce qu’il est mort des suites de ses blessures et organise des funérailles nationales.

Après 1945, l’image du « Renard du désert » et d’une guerre supposément chevaleresque contribue au mythe d’une Wehrmacht étrangère aux crimes nazis. Rommel ne fut pas impliqué dans les crimes de masse au même degré que les commandants du front de l’Est, mais il bénéficia de la faveur de Hitler et servit la guerre d’agression du Reich. Son opposition tardive doit être présentée avec cette ambiguïté.

Sources

  • Rolf-Dieter Müller, Hitler’s Wehrmacht, 1935-1945, University Press of Kentucky.
  • Geoffrey P. Megargee, Inside Hitler’s High Command, University Press of Kansas.