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Bernard Law Montgomery

Biographie de Bernard Law Montgomery, acteur de la Seconde Guerre mondiale.

Feld-maréchal

1887 — 1976

À retenir

Bernard Montgomery fut l’un des principaux commandants terrestres britanniques. Victorieux à El-Alamein en 1942, il commanda les forces terrestres alliées lors du Débarquement de Normandie puis le 21e groupe d’armées jusqu’à la capitulation allemande.

Jeunesse et formation

Né à Londres et élevé en partie en Tasmanie, il entre à Sandhurst. Officier pendant la Première Guerre mondiale, il est grièvement blessé à Ypres en 1914 puis sert comme officier d’état-major.

Débuts professionnels

Entre les deux guerres, Montgomery se forge une réputation d’instructeur exigeant. Il insiste sur l’entraînement, la préparation méthodique et la clarté des ordres. En 1939, il commande une division du corps expéditionnaire britannique.

La blessure reçue en 1914 marqua durablement Montgomery. Pendant la suite de la Première Guerre mondiale, son travail d’état-major lui apprit l’importance de la préparation, de l’artillerie et de la coordination. Dans l’entre-deux-guerres, il se montra exigeant jusqu’à l’impopularité, mais accorda une attention inhabituelle à l’entraînement et au moral. Il voulait que chaque soldat comprenne le plan et la place de son unité.

En 1940, sa 3e division se replia en bon ordre vers Dunkerque. De retour en Grande-Bretagne, il forma successivement plusieurs corps et commandements à la défense contre une invasion. Son aptitude à réorganiser rapidement les unités explique sa nomination en Égypte après la mort du général Gott et la décision de remplacer Auchinleck.

Seconde Guerre mondiale

1939–1942

Après Dunkerque, il commande plusieurs corps en Grande-Bretagne. En août 1942, il prend la tête de la 8e armée en Égypte et remporte la seconde bataille d’El-Alamein.

1943–1944

Il participe aux campagnes de Tunisie, de Sicile et d’Italie. Pour Overlord, il dirige les forces terrestres alliées durant la phase initiale en Normandie.

1944–1945

Chef du 21e groupe d’armées, il libère avec ses forces le nord de la France, la Belgique et les Pays-Bas. L’opération Market Garden échoue à atteindre le Rhin, mais ses armées franchissent ensuite le fleuve et avancent en Allemagne du Nord.

El-Alamein et l’Afrique du Nord

Montgomery rétablit la confiance de la 8e armée, refusa une retraite supplémentaire et concentra des moyens supérieurs avant d’attaquer. La seconde bataille d’El-Alamein fut une victoire importante, mais non un duel entre deux génies isolés : le renseignement, la supériorité matérielle alliée, les difficultés de ravitaillement de l’Axe et les combats antérieurs furent déterminants. Montgomery poursuivit Rommel à travers la Libye, parfois avec une prudence qui permit à l’adversaire de se retirer.

Normandie

Pour Overlord, il défendit un débarquement sur un front élargi et dirigea les forces terrestres alliées jusqu’au 1er septembre 1944. Le plan prévoyait que les Britanniques et Canadiens fixent les principales forces allemandes autour de Caen tandis que les Américains percent à l’ouest. Caen tomba plus tard que prévu et les pertes furent lourdes, mais l’attrition des divisions blindées allemandes contribua au succès de Cobra et à l’encerclement de Falaise.

Market Garden et la fin de la guerre

En septembre 1944, Montgomery obtint la priorité logistique pour Market Garden, combinaison d’une offensive terrestre étroite et de largages aéroportés aux Pays-Bas. Le plan sous-estima la résistance allemande, les contraintes routières et la difficulté de secourir Arnhem. L’échec ne mit pas fin à sa carrière, mais affaiblit son crédit. Pendant la bataille des Ardennes, il prit temporairement le contrôle de forces américaines au nord du saillant ; sa conférence de presse ultérieure irrita profondément les commandants américains.

Style de commandement et controverses

Montgomery excellait à préparer une bataille, à restaurer le moral et à expliquer une intention simple. Il évitait les risques qu’il jugeait inutiles, ce qui protégeait parfois ses hommes mais ralentissait aussi l’exploitation d’un succès. Son assurance, ses rivalités avec Eisenhower et Patton et sa tendance à présenter les événements à son avantage compliquent l’évaluation de son bilan. Ses victoires furent réelles, mais toujours produites par des armées alliées multinationales et par une immense supériorité logistique.

Fin de guerre et après-guerre

Le 4 mai 1945, il reçoit à Lüneburg la capitulation des forces allemandes du nord-ouest. Après la guerre, il commande l’armée britannique du Rhin, devient chef de l’état-major impérial puis adjoint au commandant suprême de l’OTAN.

Héritage et distinctions

Chef populaire auprès de nombreux soldats mais difficile dans ses relations avec ses homologues, Montgomery demeure une figure majeure et discutée du commandement allié.

Après 1945, il participa à la réorganisation de l’armée britannique et aux débuts de l’OTAN. Ses mémoires provoquèrent de nouvelles querelles avec d’anciens alliés. Il reste une figure populaire au Royaume-Uni, reconnaissable à son béret et à ses insignes, mais l’historiographie actuelle distingue davantage ses qualités de préparateur de ses limites comme chef de coalition.

Sources