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Galeazzo Ciano

Biographie de Galeazzo Ciano, acteur de la Seconde Guerre mondiale.

Diplomate et ministre des Affaires étrangères

1903 — 1944

À retenir

Gendre de Mussolini et ministre italien des Affaires étrangères de 1936 à 1943, Galeazzo Ciano participa au rapprochement avec l’Allemagne nazie. Devenu critique face à la guerre, il vota la destitution de Mussolini et fut exécuté par la République sociale italienne.

Jeunesse et formation

Fils de l’amiral et dignitaire fasciste Costanzo Ciano, il étudie le droit avant d’entrer dans la diplomatie. En 1930, il épouse Edda Mussolini.

Débuts professionnels

Consul général à Shanghai puis ministre de la Presse et de la Propagande, il participe comme aviateur à la guerre d’Éthiopie. Nommé ministre des Affaires étrangères en 1936, il soutient l’Axe Rome-Berlin et l’intervention en Espagne.

La proximité familiale avec Mussolini accéléra l’ascension de Ciano. À la tête de la propagande, il participa à la mise en scène du régime et de la conquête de l’Éthiopie, où il servit comme pilote de bombardement. Ministre des Affaires étrangères à trente-trois ans, il soutint d’abord le rapprochement avec l’Allemagne, l’annexion de l’Albanie et l’intervention en Espagne.

Ses relations avec Ribbentrop furent mauvaises et sa méfiance envers Hitler grandit. Le pacte d’Acier de mai 1939 supposait une coopération militaire, alors que Ciano croyait avoir obtenu un délai avant toute guerre générale. L’invasion de la Pologne lui montra que Berlin ne tiendrait pas compte des faiblesses italiennes.

Seconde Guerre mondiale

1939–1940

Il signe le pacte d’Acier mais découvre que l’Allemagne prépare une guerre immédiate. Ses journaux montrent son inquiétude devant les ambitions hitlériennes. Il soutient néanmoins l’entrée de l’Italie dans la guerre en juin 1940.

1941–1943

Les défaites renforcent ses critiques. Écarté du ministère en février 1943, il devient ambassadeur près le Saint-Siège. Le 25 juillet, il vote au Grand Conseil l’ordre du jour Grandi qui retire à Mussolini le contrôle des forces armées.

De la « non-belligérance » à la guerre

Ciano contribua à maintenir l’Italie hors du conflit pendant les premiers mois, mais ne s’opposa pas jusqu’au bout à Mussolini. Lorsque la France sembla vaincue, il accepta l’entrée en guerre du 10 juin 1940. Ses journaux décrivent ensuite un mélange de fascination, de peur et de mépris envers le partenaire allemand.

Échecs et désillusion

Il partagea la responsabilité de l’agression contre la Grèce, conçue comme une démonstration d’autonomie italienne. L’échec renforça la dépendance envers l’Allemagne. À mesure que les défaites s’accumulaient, Ciano informa certains interlocuteurs étrangers de ses doutes et chercha une issue, sans rompre publiquement avec le régime dont il avait bénéficié.

Le vote du 25 juillet 1943

Au Grand Conseil, il vota l’ordre du jour Grandi qui demandait le retour des pouvoirs militaires au roi. Il ne s’agissait pas d’un programme démocratique complet, mais cette décision facilita l’arrestation de Mussolini. Après l’occupation allemande, Ciano tenta de gagner l’Espagne avec sa famille ; les autorités allemandes le livrèrent à la République sociale italienne malgré les démarches d’Edda Mussolini.

Un témoin impliqué

Le journal de Ciano est précieux parce qu’il révèle les rivalités, les mensonges et l’improvisation au sommet de l’Axe. Il doit toutefois être lu avec prudence : l’auteur réécrit parfois son rôle, accentue ses réserves et cherche à se présenter comme plus lucide que Mussolini. Il resta jusqu’en 1943 l’un des principaux dirigeants d’une dictature agressive.

Fin de guerre et après-guerre

Après l’occupation allemande, il tente de fuir mais est remis à la République sociale italienne. Jugé à Vérone pour trahison, il est fusillé le 11 janvier 1944.

Héritage et distinctions

Le Journal de Ciano constitue une source essentielle sur la diplomatie fasciste, même s’il reflète aussi les efforts de son auteur pour se dissocier après coup des décisions du régime.

Avant son exécution, sa femme réussit à faire sortir une partie de ses journaux d’Italie. Leur publication influença fortement l’image de la diplomatie fasciste. Ciano apparaît ainsi à la fois comme acteur de l’expansion italienne, critique tardif de l’alliance allemande et source majeure sur un régime qu’il avait contribué à servir.

Sources