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Josip Broz Tito

Biographie de Josip Broz Tito, acteur de la Seconde Guerre mondiale.

Maréchal et homme d’État

1892 — 1980

À retenir

Josip Broz, dit Tito, dirigea les Partisans yougoslaves, l’un des mouvements de résistance les plus puissants d’Europe. Ses forces combattirent l’occupation de l’Axe, les collaborateurs et les Tchetniks, puis fondèrent une Yougoslavie socialiste qu’il dirigea jusqu’à sa mort.

Jeunesse et formation

Né en Croatie dans une famille modeste, Tito apprend le métier de serrurier et rejoint le mouvement ouvrier. Soldat austro-hongrois pendant la Première Guerre mondiale, il est capturé par les Russes et assiste à la révolution.

Débuts professionnels

Revenu en Yougoslavie, il milite dans le Parti communiste clandestin. Emprisonné plusieurs années, il en devient le secrétaire général à la fin des années 1930, sous l’influence du Komintern.

Josip Broz passa plusieurs années dans l’Empire russe pendant la révolution et la guerre civile avant de revenir au royaume des Serbes, Croates et Slovènes. Militant syndical puis cadre communiste, il fut emprisonné de 1928 à 1934. Ses activités pour le Komintern le conduisirent à Moscou à l’époque des purges, auxquelles plusieurs dirigeants communistes yougoslaves ne survécurent pas.

Devenu secrétaire général, Tito reconstruisit un parti clandestin organisé sur une base fédérale, capable de travailler parmi les différentes nationalités du royaume. Cette structure et la discipline du parti furent décisives après l’invasion et le démembrement de la Yougoslavie en avril 1941.

Seconde Guerre mondiale

1941–1942

Après l’invasion de la Yougoslavie, Tito organise une insurrection communiste. Les Partisans créent des territoires libérés mais subissent de vastes opérations de répression.

1943

Après les combats de la Neretva et de la Sutjeska, les Alliés reconnaissent l’efficacité croissante des Partisans et déplacent leur soutien au détriment de Mihailović. L’AVNOJ pose les bases d’un nouvel État fédéral.

1944–1945

Avec l’appui de l’Armée rouge mais en conservant une force autonome, les Partisans libèrent Belgrade puis l’ensemble du pays. La victoire s’accompagne d’exécutions et de représailles massives.

Insurrection, guerre civile et occupation

Après l’attaque allemande contre l’URSS, le parti lança la lutte armée. Les Partisans affrontaient les occupants allemands et italiens, les forces de l’État oustachi croate, des formations collaboratrices serbes et les Tchetniks. La guerre de libération se doubla rapidement d’une guerre civile et d’une révolution politique.

Les représailles allemandes, parfois fixées à cent otages exécutés pour un soldat tué, causèrent des massacres. Tito refusa cependant de renoncer à la lutte. Les Partisans créèrent des unités mobiles et des territoires libérés, perdirent successivement Užice et Bihać, puis échappèrent aux grandes offensives de la Neretva et de la Sutjeska en 1943 au prix de lourdes pertes.

Reconnaissance alliée et prise du pouvoir

Les missions britanniques et l’interception des communications allemandes montrèrent que les Partisans immobilisaient davantage de forces de l’Axe que les Tchetniks. À Téhéran, les Alliés décidèrent de les soutenir. L’AVNOJ proclama un futur État fédéral et refusa le retour immédiat du roi. Tito échappa de peu au raid allemand sur Drvar en mai 1944.

L’accord avec l’URSS permit à l’Armée rouge d’intervenir dans la libération de Belgrade tout en reconnaissant l’autorité des Partisans. À la fin de la guerre, ceux-ci contrôlaient la majeure partie du pays. Les massacres de Bleiburg, les « marches de la mort », les exécutions de collaborateurs réels ou supposés et la répression des opposants accompagnèrent la victoire.

Libération et révolution

Tito fut à la fois le chef d’un mouvement de résistance multinational efficace et le dirigeant d’une révolution communiste qui élimina ses adversaires. Le soutien populaire, la coercition et l’effondrement des anciens pouvoirs contribuèrent ensemble à son succès. Le présenter seulement comme libérateur ou seulement comme agent soviétique empêche de comprendre l’autonomie que son mouvement avait acquise avant 1945.

Fin de guerre et après-guerre

Tito instaure une fédération socialiste à parti unique. Rompant avec Staline en 1948, il développe une voie indépendante et devient l’un des fondateurs du mouvement des non-alignés.

Héritage et distinctions

Héros de la résistance pour ses partisans et dirigeant autoritaire pour ses opposants, Tito maintint l’unité yougoslave par un mélange de fédéralisme, de prestige personnel et de répression.

La rupture avec Staline en 1948, l’autogestion et le non-alignement donnèrent à la Yougoslavie une position singulière. Le régime resta autoritaire et réprima notamment les opposants à Goli Otok. Après la mort de Tito, les institutions fédérales ne résistèrent pas aux crises économiques et nationalistes, ce qui transforma rétrospectivement son unité yougoslave en objet de nostalgie autant que de critique.

Sources