Premier raid aérien historique de l'aviation américaine sur le
Japon. 16 bombardiers moyen B-25 Mitchell du 17e Bomb Group de la 8e
US Air Force, aux ordres du lieutenant-colonel James
Doolittle,
décollent du porte-avions Hornet à 1200 km de Tokyo.
Le Hornet et son escorte, formant le Task Group 16.2 (TG16.2) constitué
des croiseurs Vincennes et Nashville et de 11 destroyers, ont appareillé
le 2 avril de San Francisco, sur la côte ouest des États-Unis.
L'Enterprise et son escorte, constituant le Task Group 16.1 (TG16.1),
parti le 7 avril de Pearl Harbor et chargé de la couverture aérienne,
rejoint le Hornet le 12 avril au large des côtes du Japon.
Le 18 avril, le premier B-25 décolle du pont du Hornet à 8 h 20. Les 16
bombardiers arrivent sur leur objectif à 12 h 15. Ils larguent une
quarantaine de bombes qui égratignent les localités de Tokyo, Yokohama,
Kobe, Nagoya et Yokosuka, puis continuent leur vol en direction de la
Chine.
Mais la situation météorologique défavorable obligera les équipages à
atterrir un peu n'importe où et n'importe comment, dans des conditions
épouvantables, ou à sauter en parachute.
Un B-25 se pose en Union Soviétique, dans la région de Vladivostok, et
son équipage sera interné jusqu'au 23 mai 1943.
3 B-25 se posent en catastrophe. A cours de carburant, les 12 autres
équipages se voient contraint de sauter en parachute. Un d'entre-eux
tombe entre les mains des Japonais dans la région de Nanning. Au terme
d'une parodie de procès, le pilote et le copilote seront fusillés le 18
juin, et le reste de l'équipage libéré en août 1945.
La
Task Force 16 fait demi-tour et repart sans être inquiétés.
Le raid aérien, au point de vue stratégique, n'a causé que des dommages
dérisoires et insignifiants. En revanche, au point de vue psychologique,
tant du côté américain que japonais, il a eu un effet considérable.
L'invulnérabilité du Japon venait de voler en éclats.