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Haakon VII

Biographie de Haakon VII, acteur de la Seconde Guerre mondiale.

Roi de Norvège

1872 — 1957

À retenir

Premier roi de la Norvège indépendante depuis 1905, Haakon VII refusa de nommer un gouvernement dirigé par Vidkun Quisling lors de l’invasion allemande. Depuis l’exil, il devint un symbole de la résistance norvégienne.

Jeunesse et formation

Né prince Carl de Danemark, fils du futur Frédéric VIII, il sert dans la marine danoise. Il épouse en 1896 la princesse Maud, fille du roi britannique Édouard VII.

Débuts professionnels

Après la dissolution de l’union avec la Suède, un référendum approuve la monarchie. Carl accepte la couronne, prend le nom norvégien de Haakon et prête serment en novembre 1905.

Le choix du nom Haakon et celui donné à son fils, Olav, inscrivaient la nouvelle dynastie dans l’histoire norvégienne. Le roi prit au sérieux les limites constitutionnelles de SA fonction. Pendant les crises politiques, il consulta les gouvernements et le Storting sans chercher à gouverner personnellement, ce qui renforça SA légitimité.

La Norvège maintint une politique de neutralité et disposait d’une longue côte difficile à défendre. L’importance du port de Narvik pour le minerai de fer suédois et la position du pays dans l’Atlantique en faisaient pourtant un enjeu stratégique majeur pour les deux camps.

Seconde Guerre mondiale

Avril 1940

L’Allemagne envahit la Norvège. Le roi, le gouvernement et le Parlement quittent Oslo. Haakon refuse l’ultimatum allemand qui exige la nomination de Quisling, tout en indiquant qu’il abdiquerait si le gouvernement choisissait d’accepter.

Juin 1940–mai 1945

Évacué au Royaume-Uni après la campagne de Norvège, il soutient le gouvernement en exil et s’adresse régulièrement à la population. Son monogramme « H7 » devient un signe clandestin de loyauté et de résistance.

Le « non du roi »

Dans la nuit du 9 avril 1940, le croiseur Blücher fut coulé devant Oslo, retardant la capture du gouvernement et de la famille royale. À Elverum, le Parlement donna au gouvernement des pouvoirs d’urgence. L’ambassadeur allemand Curt Bräuer exigea ensuite que Haakon nomme Quisling. Le roi déclara qu’il ne pouvait accepter et qu’il abdiquerait si le gouvernement décidait autrement. Les ministres soutinrent son refus.

La décision ne fut pas un ordre personnel remplaçant le gouvernement : SA force résidait précisément dans l’accord entre le souverain constitutionnel et les autorités légales. Les bombardements allemands tentèrent ensuite de briser cette résistance. Le roi poursuivit son déplacement vers le nord avant d’être évacué depuis Tromsø en juin.

Le symbole H7

À Londres, Haakon participa à la continuité de l’État, visita les forces norvégiennes et s’adressa à la population. Les navires marchands de Nortraship, la marine, les unités aériennes et les commandos apportèrent une contribution importante à l’effort allié. Dans le pays occupé, le monogramme H7 tracé sur les murs ou porté discrètement devint un signe de fidélité, malgré les risques de répression.

Résister dans un cadre constitutionnel

La popularité d’Haakon vient moins d’un pouvoir militaire personnel que de son refus de légitimer un gouvernement imposé par l’occupant. Il donna un centre symbolique commun à une société où existaient résistance, accommodation et collaboration. Son attitude contraste avec celle de souverains européens placés dans d’autres conditions, sans que ces situations puissent être comparées mécaniquement.

Fin de guerre et après-guerre

Il rentre à Oslo le 7 juin 1945, exactement cinq ans après son départ. Très populaire, il poursuit son règne jusqu’à SA mort en 1957.

Héritage et distinctions

Le refus royal de 1940 est devenu un épisode fondateur de la mémoire norvégienne. Haakon incarne une monarchie constitutionnelle qui choisit la continuité légale plutôt que la collaboration.

Son retour le 7 juin 1945 fut soigneusement chargé de symboles, cette date étant aussi celle de la dissolution de l’union avec la Suède et de son départ en exil. Haakon contribua après la guerre à restaurer la normalité parlementaire, ce qui confirma que son autorité de guerre reposait sur la défense de la légalité plutôt que sur une ambition personnelle.

Sources