Aux alentours de 8 h 20,
les avions-éclaireurs américains et japonais découvrent enfin
simultanément les porte-avions d'escadre de l'adversaire,
à 175 milles de distance les uns des autres.
A 9 h 24, le Yorktown lance 24 bombardiers en piquée SBD Dauntless,
6 chasseurs F4F Wildcat et 9 torpilleurs TBD Devastator
des VF-42, VB-5, VS-5 et VT-5.
Le Lexington lance une force comparable dix minutes plus tard.
A 11 h 40, les bombardiers en piquée du Yorktown endommagent
sérieusement le Shokaku.
La riposte des Japonais ne se fait pas attendre. Le Zuikaku
lance 53 bombardiers-torpilleurs, bombardiers en piquée
et chasseurs contre les deux porte-avions américains.
A 14 h 47, le Lexington est atteint par deux torpilles.
A 11 h 42, une bombe japonaise s'engoufre dans la cage d'ascenseur
du Yorktown et met le feu au hangar du porte-avions.
Les deux flottes ennemies rompent alors l'engagement et rebroussent
chemin.
A 16 h, sur ordre du vice-amiral Thomas C.
Kinkaid, 1200 hommes
d'équipage du "Lady Lex" sont évacués et recueillis par les croiseurs
et destroyers d'escorte, sur un effectif total de 2700.
A 16 h 30, les chaudières du Lexington s'éteignent. Le porte-avions
donne bientôt dix à douze degrés de gîte sur babord.
A 17 h 07, le contre-amiral Aubrey W. Fitch, commandant
du Task Group TG.17.5 ordonne l'évacuation du porte-avions.
2700 hommes d'équipage sont recueillis par les croiseurs
et les destroyers d'escorte.
A 20 h, le Lexington endommagé est victime d'un court-circuit.
De furieux incendies et des explosions éclatent à bord.
C'est la fin, et le porte-avions est finalement sabordé
par le destroyer Phelps.
Bilan de la bataille.
Les Américains ont perdu le Lexington et le destroyer Sims, coulés.
Le Yorktown et le pétrolier Neosho ont été fortemment endommagé.
Le destroyer Farragut plus légèrement atteint.
En échange, ils ont coulé le porte-avions léger Shoho, le destroyer
Kikuzuki et un dragueur de mines, ils ont endommagé gravement
le porte-avions lourd Shokaku, plus légèrement un autre destroyer.
De chaque côté, les pertes aériennes ont été énormes. 60 avions
du Lexington et 16 du Yorktown. 77 avions du côté japonais.
Les Américains enregistrent 543 tués et blessés.
Les Japonais, 1074.
Tactiquement, la victoire est du côté japonais.
Mais pratiquement et stratégiquement, elle s'achève par un succès
américain incontestable, car ils ont stoppé les projets d'invasion
ennemis et contraints les Japonais à reporter leur débarquement
à Port-Moresby, sur la côte sud de Papouasie-Nouvelle-Guinée.
Les Japonais subissent leur premier échec de la guerre.
Ni les Américains ni les Japonais ne se doutent encore
que ce report sera définitif.
Cette bataille "au delà de l'horizon" démontre aussi l'incontestable
supériorité du porte-avions sur tous les autres types de navires.
Désormais, plus aucun affrontement ne se fera sans eux.