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Hideki Tōjō

Biographie de Hideki Tōjō, acteur de la Seconde Guerre mondiale.

Général et Premier ministre

1884 — 1948

À retenir

Général de l’armée impériale et Premier ministre d’octobre 1941 à juillet 1944, Hideki Tōjō incarne le gouvernement japonais au moment de l’attaque contre Pearl Harbor et des premières conquêtes du Pacifique. Il fut condamné à mort par le Tribunal militaire international pour l’Extrême-Orient.

Jeunesse et formation

Fils d’un officier, Tōjō suit la voie militaire, sort de l’Académie de l’armée en 1905 puis de l’École de guerre en 1915. Officier méthodique et autoritaire, il sert notamment comme attaché militaire en Allemagne.

Débuts professionnels

Chef d’état-major de l’armée du Guandong en 1937, il devient vice-ministre de la Guerre en 1938 puis ministre de la Guerre en 1940. Partisan d’une politique impériale dure en Chine et en Asie, il défend l’alliance avec l’Allemagne et l’Italie.

La carrière de Tōjō se déroula dans une armée qui intervenait de plus en plus directement dans la vie politique. Dans l’armée du Guandong, en Mandchourie, il dirigea la police militaire puis l’état-major. Il soutint la création de l’État fantoche du Mandchoukouo et la poursuite de la guerre en Chine. Son surnom de « Rasoir » renvoyait à SA mémoire, à SA discipline administrative et à son aptitude à faire appliquer les décisions, davantage qu’à un talent stratégique exceptionnel.

Comme ministre de la Guerre dans le cabinet Konoe, il refusa les concessions que les États-Unis exigeaient, notamment le retrait de Chine. Il considérait qu’un recul compromettrait l’empire et le prestige de l’armée. SA nomination comme Premier ministre en octobre 1941 ne signifiait pas qu’il possédait seul le pouvoir : la marine, les états-majors, le palais et d’autres responsables conservaient leur autonomie. Il devint néanmoins le principal visage politique de la décision d’entrer en guerre.

Seconde Guerre mondiale

1941–1942

Nommé Premier ministre le 18 octobre 1941, il cumule plusieurs portefeuilles et participe à la décision d’entrer en guerre. Les forces japonaises attaquent Pearl Harbor et avancent rapidement en Asie du Sud-Est.

1943–1944

Alors que les défaites s’accumulent, Tōjō concentre encore davantage le pouvoir. La chute de Saipan, qui place le Japon à portée des bombardiers américains, provoque la perte de son soutien politique. Il démissionne le 18 juillet 1944.

Gouverner un empire en guerre

Tōjō conserva le ministère de la Guerre et prit successivement d’autres portefeuilles, dont l’Intérieur et les Munitions. Son gouvernement renforça la mobilisation économique, la censure, la surveillance policière et le contrôle de la vie politique. Les élections de 1942 furent encadrées par l’Association de soutien à l’autorité impériale, sans pour autant supprimer toutes les rivalités au sein de l’élite japonaise.

Les conquêtes de 1941-1942 placèrent sous domination japonaise des millions d’habitants. Travail forcé, mauvais traitements des prisonniers, exécutions, famines provoquées et violences de masse caractérisèrent plusieurs occupations. Tōjō ne dirigea pas personnellement chaque opération, mais il présidait le gouvernement et l’appareil militaire qui poursuivaient la guerre et ne mirent pas fin à ces pratiques.

L’érosion de son autorité

À partir de Guadalcanal, le gouvernement dut dissimuler les reculs tout en exigeant des sacrifices croissants. Tōjō tenta de renforcer la coordination entre l’armée et la marine, puis cumula en 1944 la fonction de chef d’état-major de l’armée. La perte de Saipan démontra l’échec de SA stratégie et rendit possible le bombardement direct de l’archipel. Privé du soutien des anciens Premiers ministres et du palais, il fut contraint de démissionner.

Procès et responsabilité

Au procès de Tokyo, Tōjō assuma la responsabilité politique générale tout en affirmant avoir agi légalement au nom de l’État et de l’empereur. Le tribunal le reconnut coupable, notamment d’avoir préparé et mené une guerre d’agression et de ne pas avoir empêché les mauvais traitements infligés aux prisonniers. Son exécution en fit, hors du Japon, l’équivalent symbolique des principaux dirigeants nazis. Cette comparaison a ses limites : le régime japonais reposait sur un système de pouvoir plus collectif, dont Tōjō fut un acteur central mais non le maître absolu.

Fin de guerre et après-guerre

Arrêté par les forces américaines en septembre 1945, il survit à une tentative de suicide. Jugé à Tokyo, il est reconnu coupable de crimes contre la paix et de responsabilité dans la conduite de la guerre. Il est pendu à la prison de Sugamo le 23 décembre 1948.

Héritage et distinctions

Tōjō reste l’une des figures les plus directement associées au militarisme japonais. Son pouvoir ne fut jamais absolu, mais SA responsabilité politique dans l’entrée en guerre et dans le système répressif impérial est majeure.

SA mémoire reste liée à la guerre du Pacifique et aux crimes de l’empire. L’inscription de son nom parmi les morts honorés au sanctuaire Yasukuni entretient les tensions mémorielles avec les pays victimes de l’occupation japonaise. Présenter Tōjō comme l’unique responsable serait toutefois historiquement trompeur : cela effacerait le rôle de l’empereur, des états-majors, de la bureaucratie et des autres dirigeants civils et militaires.

Sources