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Konstantin Vladov Muraviev

Biographie de Konstantin Vladov Muraviev, acteur de la Seconde Guerre mondiale.

Premier ministre

1893 — 1965

À retenir

Premier ministre bulgare du 2 au 9 septembre 1944, Konstantin Muraviev tente de rompre avec l’Allemagne et d’obtenir un armistice. Son gouvernement est renversé au moment où l’Armée rouge entre en Bulgarie.

Jeunesse et parcours politique

Né en 1893 à Pazardjik, Konstantin Muraviev est le neveu du dirigeant agrarien Aleksandar Stamboliyski. Il combat pendant les guerres balkaniques et la Première Guerre mondiale, puis rejoint l’Union nationale agraire bulgare. Après le coup d’État de 1923 et l’assassinat de Stamboliyski, il connaît la prison et l’opposition. Il occupe plusieurs portefeuilles ministériels entre 1931 et 1934.

La Bulgarie dans la guerre

La Bulgarie rejoint le pacte tripartite en mars 1941 et autorise les forces allemandes à utiliser son territoire contre la Grèce et la Yougoslavie. Elle ne déclare cependant pas la guerre à l’Union soviétique. À l’été 1944, l’effondrement allemand et l’avance de l’Armée rouge rendent urgente une sortie du conflit.

Premier ministre en septembre 1944

2–5 septembre

Le régent nomme Muraviev à la tête d’un gouvernement regroupant des forces d’opposition non communistes. Il rétablit des libertés publiques, dissout les organisations fascistes et cherche un armistice avec les Alliés occidentaux. Son cabinet abroge les principales mesures antijuives, mais hésite à rompre immédiatement et totalement avec Berlin, dans l’espoir d’éviter une occupation allemande.

5–9 septembre

Le 5 septembre, l’Union soviétique déclare la guerre à la Bulgarie. Le gouvernement rompt les relations avec l’Allemagne, puis lui déclare la guerre, mais il est trop tard pour modifier la décision soviétique. Dans la nuit du 8 au 9 septembre, le Front de la patrie, soutenu par des unités militaires et par les communistes, prend le pouvoir.

Après-guerre

Muraviev est traduit devant le Tribunal du peuple et condamné à la réclusion à perpétuité. Libéré en 1961, il publie ensuite des souvenirs politiques et meurt à Sofia en 1965. Sa condamnation est annulée après la chute du régime communiste.

Héritage et mémoire

Son gouvernement, qui ne dure qu’une semaine, illustre l’étroitesse des choix laissés aux dirigeants bulgares en septembre 1944. Les réformes et la rupture avec l’Allemagne furent réelles, mais trop tardives pour empêcher l’entrée soviétique et le changement de régime.

Sources

  • Gerhard L. Weinberg, A World at Arms: A Global History of World War II, Cambridge University Press.
  • Richard Overy, The Oxford Illustrated History of World War II, Oxford University Press.