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Hirohito

Biographie de Hirohito, acteur de la Seconde Guerre mondiale.

Empereur du Japon

1901 — 1989

À retenir

Hirohito, appelé après sa mort l’empereur Shōwa, régna sur le Japon de 1926 à 1989. Chef constitutionnel d’un État engagé dans une guerre d’expansion en Asie puis dans le Pacifique, son rôle exact dans les décisions militaires demeure débattu. Il intervint personnellement pour mettre fin à la guerre en août 1945.

Jeunesse et formation

Premier fils de l’empereur Taishō, il reçoit une formation mêlant tradition impériale, sciences et affaires militaires. Prince héritier en 1916, il effectue en 1921 un voyage en Europe, fait exceptionnel pour un héritier japonais, puis exerce la régence en raison de la maladie de son père.

Débuts professionnels

Il monte sur le trône le 25 décembre 1926. Durant les années 1930, l’armée accroît son emprise sur la politique et mène les conquêtes de la Mandchourie puis de vastes territoires chinois. L’empereur est informé des opérations et sanctionne les décisions gouvernementales dans le cadre du système impérial.

La place d’Hirohito dans le système politique japonais ne se réduit ni à celle d’un souverain purement décoratif, ni à celle d’un dictateur gouvernant seul. La Constitution de Meiji attribuait à l’empereur le commandement suprême des forces armées, mais les décisions étaient préparées par le gouvernement, les états-majors et les conférences impériales. Cette organisation fragmentée permettait aux chefs militaires de disposer d’une grande autonomie tout en recherchant la sanction impériale. Hirohito recevait ses ministres et les chefs d’état-major, posait des questions précises et ratifiait les grandes orientations.

Les crises des années 1930 montrent les limites et les ambiguïtés de son action. Il désapprouva l’indiscipline de certains officiers, notamment lors de la tentative de coup d’État du 26 février 1936, mais n’empêcha ni l’expansion en Mandchourie ni l’escalade de la guerre en Chine. Le massacre de Nankin et les violences commises dans les territoires occupés se déroulèrent sous l’autorité de l’État impérial. La documentation ne permet pas de transformer l’empereur en spectateur innocent de cette politique.

Seconde Guerre mondiale

1939–1941

Hirohito suit les choix qui conduisent à l’alliance tripartite et à la guerre contre les États-Unis, le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Malgré ses réserves rapportées sur les chances de victoire, il approuve la décision de guerre.

1942–1945

Il reçoit régulièrement les responsables militaires tandis que la situation se dégrade. Après Hiroshima, Nagasaki et l’entrée en guerre de l’URSS, il impose l’acceptation de la déclaration de Potsdam. SA voix est entendue pour la première fois par la population lors du discours radiodiffusé du 15 août 1945.

La décision de guerre de 1941

Au cours des conférences impériales de 1941, Hirohito fut informé de l’impasse des négociations avec Washington et des risques économiques créés par l’embargo pétrolier. Il demanda que la diplomatie soit encore tentée et cita un poème pacifique de son grand-père, mais il ne s’opposa pas formellement au calendrier fixé par le gouvernement. Le 1er décembre, la conférence impériale sanctionna l’entrée en guerre. L’attaque de Pearl Harbor fut menée six jours plus tard, en même temps que les offensives contre les possessions britanniques et néerlandaises d’Asie.

De l’expansion à la défaite

Durant le conflit, l’empereur reçut des rapports réguliers sur les opérations et intervint ponctuellement dans les nominations ou les choix stratégiques. Après Midway, Guadalcanal et la perte des Mariannes, les comptes rendus présentés au palais devinrent de plus en plus alarmants. Pourtant, la direction japonaise poursuivit la guerre malgré les bombardements, le blocus et l’effondrement de ses moyens militaires. Hirohito accepta longtemps les assurances de l’armée selon lesquelles une bataille décisive permettrait d’obtenir de meilleures conditions de paix.

Août 1945

Après la bombe d’Hiroshima, l’entrée en guerre de l’Union soviétique et la destruction de Nagasaki, le Conseil suprême resta partagé. Dans la nuit du 9 au 10 août, puis de nouveau le 14, Hirohito trancha en faveur de l’acceptation de la déclaration de Potsdam, sous réserve du maintien de la fonction impériale. Des officiers tentèrent encore d’empêcher la diffusion du message enregistré. Le rescrit radiodiffusé le 15 août n’employait pas le mot « capitulation », mais il rendit possible l’arrêt des combats.

Responsabilité et débats historiques

Après 1945, l’occupation américaine choisit de présenter l’empereur comme un souverain constitutionnel trompé par les militaristes. Cette décision devait faciliter la reddition, éviter une crise institutionnelle et utiliser la monarchie dans la reconstruction du Japon. Les accusés du procès de Tokyo protégèrent également la personne impériale. Les archives et les travaux ultérieurs ont cependant montré qu’Hirohito était mieux informé et plus actif que ne le suggérait cette version officielle. Le débat porte désormais moins sur son ignorance que sur l’étendue de son initiative et sur les moments où il aurait pu s’opposer à la guerre.

Fin de guerre et après-guerre

Les autorités d’occupation américaines choisissent de maintenir la monarchie et de ne pas le traduire devant le Tribunal de Tokyo. La Constitution de 1947 fait de l’empereur le symbole de l’État, sans pouvoir gouvernemental. Hirohito poursuit ses fonctions cérémonielles jusqu’à SA mort.

Héritage et distinctions

Son règne, le plus long de l’histoire japonaise, couvre l’expansion impériale, la défaite et la reconstruction démocratique. Son maintien sur le trône facilite la continuité institutionnelle, mais alimente durablement le débat sur SA responsabilité dans la guerre et les crimes commis par l’armée japonaise.

Dans le Japon d’après-guerre, Hirohito multiplia les déplacements et adopta l’image d’un souverain proche de la population. Passionné de biologie marine, il publia aussi des travaux scientifiques. SA longue présence assura une continuité symbolique, mais la question de ses excuses, de SA responsabilité et de la mémoire des victimes asiatiques resta ouverte jusqu’à SA mort et demeure sensible aujourd’hui.

Sources