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Kurt von Hammerstein-Equord

Biographie de Kurt von Hammerstein-Equord, acteur de la Seconde Guerre mondiale.

Général

1878 — 1943

À retenir

Ancien commandant en chef de la Reichswehr, Kurt von Hammerstein-Equord avertit très tôt contre la prise de pouvoir nazie. Écarté du commandement, il conserve des liens avec la résistance allemande jusqu’à sa mort en 1943.

Jeunesse et formation

Né en 1878 dans une famille de la noblesse prussienne, Kurt von Hammerstein-Equord suit la filière classique des officiers de carrière. Il sert à l’état-major pendant la Première Guerre mondiale, puis demeure dans la Reichswehr, l’armée limitée à 100 000 hommes par le traité de Versailles. Réputé indépendant et peu sensible aux conventions, il entretient des relations avec des responsables politiques de la République de Weimar, notamment Kurt von Schleicher.

Parcours avant-guerre

En 1930, Hammerstein devient chef du commandement de l’armée de terre, fonction équivalente à celle de commandant en chef de la Reichswehr. Il se méfie du NSDAP et avertit le président Hindenburg des risques que ferait courir l’arrivée de Hitler à la chancellerie. Son hostilité ne procède toutefois pas d’un attachement sans réserve à la démocratie : officier conservateur, il souhaite surtout préserver l’autonomie de l’armée et éviter qu’elle soit soumise à un parti révolutionnaire.

Après le 30 janvier 1933, il comprend rapidement que les nazis veulent contrôler les forces armées. Lors d’une réunion de généraux, Hitler expose ses objectifs de réarmement et de conquête ; des informations sur ce discours parviennent à l’étranger par l’intermédiaire de membres de la famille Hammerstein, dont plusieurs sont liés à des milieux antinazis. Le général quitte son poste au début de 1934 et prend sa retraite, tout en restant surveillé par le régime.

Seconde Guerre mondiale

1939–1940

Rappelé au moment de la mobilisation, Hammerstein reçoit brièvement un commandement territorial à l’Ouest. Des témoignages d’après-guerre indiquent qu’il envisage d’arrêter Hitler si celui-ci visitait son quartier général. Le projet ne dépasse pas le stade de l’intention : Hitler ne se rend pas sur place et Hammerstein est rapidement relevé de son commandement.

1941–1943

Retiré à Berlin, il conserve des contacts avec Carl Goerdeler, Ludwig Beck et d’autres opposants. Sa maison sert de lieu de rencontre, tandis que plusieurs de ses enfants participent à des réseaux distincts de résistance ou de renseignement. Atteint d’un cancer, il meurt le 24 avril 1943. La Gestapo continue ensuite de s’intéresser à sa famille ; deux de ses fils doivent se cacher après l’attentat du 20 juillet 1944.

Héritage et mémoire

Hammerstein représente une opposition précoce au nazisme au sein du haut commandement, mais son action demeure prudente et fragmentaire. Son parcours montre à la fois que certains officiers perçurent très tôt le danger hitlérien et que leurs réserves institutionnelles ne suffirent pas à empêcher la mise au pas de l’armée.

Sources