Seconde-Guerre.com

Wilhelm Frick

Biographie de Wilhelm Frick, acteur de la Seconde Guerre mondiale.

Homme politique

1877 — 1946

À retenir

Ministre de l’Intérieur du Reich de 1933 à 1943, Wilhelm Frick donne une forme administrative et juridique à la dictature et aux persécutions raciales. Condamné à Nuremberg, il est exécuté en 1946.

Jeunesse et formation

Né en 1877 à Alsenz, Wilhelm Frick étudie le droit et entre dans l’administration bavaroise. Policier puis haut fonctionnaire à Munich, il se rapproche très tôt du mouvement nazi. Lors du putsch de novembre 1923, il met sa position au service des insurgés. Condamné pour haute trahison, il conserve néanmoins une carrière administrative et devient ensuite député du NSDAP au Reichstag.

Parcours avant-guerre

En 1930, Frick devient ministre de l’Intérieur et de l’Éducation de Thuringe : c’est la première participation d’un nazi à un gouvernement régional. Il utilise ce poste comme laboratoire politique, favorisant les militants du parti et introduisant des mesures idéologiques dans l’administration. Le 30 janvier 1933, Hitler le nomme ministre de l’Intérieur du Reich.

Frick joue un rôle central dans la destruction de l’État de droit. Son ministère prépare les textes qui abolissent les libertés publiques, coordonnent la mise au pas des Länder et excluent les opposants ainsi que les Juifs de la fonction publique. Il participe aussi à l’élaboration des lois de Nuremberg de 1935, qui privent les Juifs de la citoyenneté et institutionnalisent la persécution raciale.

Seconde Guerre mondiale

1939–1943

Pendant la guerre, une partie de son pouvoir passe aux mains de Himmler et de l’appareil SS, mais Frick reste politiquement responsable d’une administration qui applique les politiques raciales et d’occupation. En août 1943, Hitler le remplace au ministère par Himmler et le nomme protecteur du Reich en Bohême-Moravie. Cette fonction, plus honorifique qu’opérationnelle, l’associe néanmoins au régime d’occupation imposé aux populations tchèques.

1945–1946

Arrêté par les Alliés, Frick comparaît devant le Tribunal militaire international de Nuremberg. Les juges retiennent son rôle dans la préparation de la dictature, les persécutions et l’administration des territoires annexés ou occupés. Reconnu coupable de crimes contre la paix, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, il est pendu le 16 octobre 1946.

Héritage et mémoire

Frick n’est ni un chef charismatique ni un commandant militaire. Son importance tient précisément à son travail de juriste et d’administrateur : il contribua à donner une forme légale à l’arbitraire nazi et à transformer la persécution idéologique en règles applicables par tout l’appareil d’État.

Sources