Victime de la Shoah et auteure d’un journal
1929 — 1945
À retenir
Anne Frank est une adolescente juive allemande réfugiée aux Pays-Bas, déportée et morte à Bergen-Belsen. Le journal qu’elle rédigea pendant plus de deux années de clandestinité est devenu l’un des témoignages les plus lus sur la persécution des Juifs.
Jeunesse et formation
Née à Francfort dans la famille d’Otto et Edith Frank, Anne a une sœur aînée, Margot. Après l’arrivée de Hitler au pouvoir, la famille s’installe à Amsterdam, où Otto développe son entreprise.
Débuts professionnels
L’occupation allemande des Pays-Bas en mai 1940 entraîne l’exclusion progressive des Juifs. Anne doit quitter son école, porter l’étoile et subir les restrictions imposées par les autorités nazies.
La famille Frank appartenait à une bourgeoisie juive allemande assimilée. Otto avait servi dans l’armée allemande pendant la Première Guerre mondiale. Après l’arrivée des nazis au pouvoir, l’antisémitisme d’État et la disparition des libertés convainquirent les parents de partir. À Amsterdam, Anne grandit en néerlandais, fréquenta une école Montessori et se construisit un cercle d’amis.
L’occupation transforma progressivement SA vie : recensement, exclusions professionnelles, école juive séparée, couvre-feu, interdiction des transports et étoile jaune. Pour ses treize ans, elle reçut le cahier qui devint son journal. Elle y écrivit d’abord comme à une amie imaginaire, Kitty.
Seconde Guerre mondiale
Juillet 1942–août 1944
Après la convocation de Margot pour le travail forcé, la famille se cache dans l’annexe des locaux de l’entreprise d’Otto Frank. Quatre autres personnes les rejoignent. Aidée par des employés, Anne écrit son journal, réfléchit à la guerre, à la clandestinité et à son avenir d’écrivaine.
4 août 1944
Les huit clandestins sont arrêtés. Déportée à Auschwitz puis transférée avec Margot à Bergen-Belsen, Anne meurt du typhus au début de 1945. Les recherches les plus récentes situent vraisemblablement SA mort en février, sans permettre de fixer un jour précis.
Vivre dans l’Annexe
Le 6 juillet 1942, les Frank se cachèrent dans l’arrière-maison du 263 Prinsengracht. Hermann, Auguste et Peter van Pels les rejoignirent, puis Fritz Pfeffer. Les huit personnes dépendaient de Miep Gies, Jan Gies, Bep Voskuijl, Johannes Kleiman, Victor Kugler et d’autres soutiens. Pendant les heures de travail, elles devaient rester silencieuses pour ne pas alerter les employés de l’entrepôt.
Le journal décrit les tensions d’une promiscuité prolongée, les bombardements, la peur de l’arrestation, mais aussi les études, les sentiments et la transformation d’Anne. Après avoir entendu à la radio que les journaux de guerre seraient collectés, elle commença au printemps 1944 à réviser ses textes en vue d’une publication. Il existe donc plusieurs versions de certaines entrées.
Arrestation et déportation
Le 4 août 1944, la police allemande et des policiers néerlandais arrêtèrent les clandestins. Les circonstances exactes de la découverte ne sont pas établies : l’hypothèse d’une dénonciation demeure possible, mais aucune personne n’a été définitivement identifiée. Après la prison, ils furent envoyés à Westerbork puis, par le dernier convoi parti de ce camp vers Auschwitz, le 3 septembre.
À Auschwitz-Birkenau, Anne resta avec SA mère et SA sœur après la sélection. À la fin d’octobre ou au début de novembre, Anne et Margot furent transférées à Bergen-Belsen. La surpopulation, la faim et les épidémies y étaient catastrophiques. Des témoignages et recherches récents situent leur mort en février 1945, probablement du typhus ou de ses conséquences.
Le texte et SA publication
Miep Gies et Bep Voskuijl recueillirent les cahiers et feuillets après l’arrestation sans les lire. Otto Frank, seul survivant de l’Annexe, combina la version originale et la version révisée pour l’édition de 1947. Il écarta certains passages intimes ou critiques, ensuite réintégrés dans des éditions scientifiques. Les manuscrits et l’écriture ont été authentifiés ; les affirmations présentant le journal comme un faux relèvent du négationnisme.
Fin de guerre et après-guerre
Otto Frank est le seul des huit clandestins à survivre. Miep Gies lui remet les écrits d’Anne, qu’elle avait conservés. Le journal paraît en néerlandais en 1947 puis est traduit dans le monde entier.
Héritage et distinctions
Anne Frank est devenue un visage universel des victimes de la Shoah. Son journal doit être lu comme la voix singulière d’une adolescente, sans réduire les millions d’autres victimes à une seule histoire.
Le succès mondial du Journal a fait d’Anne une porte d’entrée majeure vers l’histoire de la Shoah. Cette force pédagogique comporte un risque : isoler une adolescente attachante de la politique d’extermination qui la tua. Lire son texte avec le contexte des déportations néerlandaises permet de respecter à la fois SA singularité d’autrice et le destin collectif des victimes.